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Le blanc n'est pas toujours blanc !

Une chose est sûre, c'est que le livre sur lequel je travaille est une belle occasion d'étudier le blanc :
Après le Paon blanc, ce petit bout de chou tout chagrin qui vient glisser sa blancheur dans mes pages...
Voici une photo la peinture encore à l'ouvrage (bien qu'elle soit aujourd'hui terminée).


tigrou

Mais justement : comment peint-on le blanc ?
Il faut réaliser une chose: en peinture, le blanc est quelque chose de très précis. C'est une couleur (à défaut d'autre mot - certains considèreront que ça n'est pas une couleur, mais c'est un long débat et j'y reviendrai dans un autre article) qui n'a pas d'information chromatique (on ne la trouve pas sur une roue de couleurs) et une valeur extrême : le plus clair qu'on puisse trouver sur une échelle de luminosité.


Or, dans la vraie vie, ce qu'on juge blanc ne l'est souvent pas.


nature morte blanche


J'ai réalisé une petite photo d'une "nature morte en blanc" : roses blanches, bougie blanche, lait dans une porcelaine blanche et cocotte en papier... Or, à cause d'un certain nombre de facteurs (lumière ambiante, réglage de température de l'appareil, éventuellement, ombre portée de la tasse, lumières réfléchie, ...), le blanc apparaît sous la forme de gris plus ou moins clairs, plus ou moins saturés, appartenant à des palettes diverses. J'ai recencé du violet, du rose, du bleu cyan ou outremer, du jaune, de l'orange plus ou moins rouge, du vert...


Voici quelques patchs extraits grâce à la pipette de Photoshop, pour vous mettre en évidence le camaieu :


camaieu de blancs


Et voici ce que ça donne sur un fond neutre, si on compare ces extraits à du blanc véritable :


comparaison des blancs


Dans la nature morte en blanc, le seul blanc qui l'est véritablement (qui pourrait être tiré tel quel d'un tube de peinture), c'est l'éclat lumineux de la petite flamme. Et c'est bien normal, en fait, car le vrai blanc correspond à la valeur la plus élevée (donc la plus claire). Ici, ce qui produit de la lumière...

Pour peindre les animaux blancs de notre livre, je dois donc constamment me demander si à cet endroit du pelage, on est plutôt dans la lumière directe ou dans l'ombre, si l'atmosphère est chaude ou froide, ou si le poil réfléchit une autre lumière, comme celle de l'herbe ou du ciel... et adapter en cherchant à tâton dans toute ma palette !

Publié le 13/03/2018 dans Voir et comprendre comme un artiste

Tags : Comprendre la couleur Edition

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